Espagne/France: Le retour

Le 17/07/16

Nous avons quitté le Portugal pour rejoindre la côte sud de l’Espagne, l’Andalousie. Nous avons fait une escale à El Puerto Santa Maria, agréable petite ville située au débouché d’une rivière, le Rio Guadelate, qui se jette dans la baie de Cadix. Nous avons apprécié ses petites rues animées par de nombreux bars où nous avons dégusté tapas et grillades. La marina ne payait pas de mine mais nous avions accès à la jolie piscine du Resort. Les enfants en ont beaucoup profité.

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Ensuite, nous avons fait une halte à Barbate afin de nous rapprocher de Gibraltar et d’attendre une bonne fenêtre météo pour traverser le détroit. Ce gros village est un centre de pêche qui a toujours vécu de la présence au large du rivage des bancs de thons. Nous nous avons pêché un maquereau !

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Le centre ville n’a pas un grand charme et la marina, quasi-déserte et un peu à l’abandon rappelle les idées de grandeurs touristiques de l’Espagne des années 60-70. Nous sommes tombés en plein festival de musique, ce qui aurait pu être fort sympathique et distrayant si la scène principale du concert ne se trouvait pas à 800 mètres de la marina et si la tendance musicale n’était pas au métal et au rap espagnol. On sait les espagnols très festifs et je le confirme car nous avons dû supporter pendant 2J la musique jusqu’à 5h du matin.

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En revanche, la plage de la Hierbabuena, à la sortie du village, est très belle et vierge de toute habitation.

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Après 3J à Barbate, nous avons repris la mer avec plaisir pour passer Gibraltar. La navigation fut très agréable, peu de vent et une mer d’huile.

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Tout le long, nous avons été accompagnés par des bandes de dauphins qui jouaient avec les étraves du bateau. Nous avions prévu de rejoindre Valence mais lorsque nous avons appris que Damien et Sophie, partis des Açores, rejoignaient directement Malaga en Espagne sans passer par le Portugal, nous n’avons pas hésité une seconde à changer nos plans pour les attendre. Tant pis pour valence!

En attendant, leur arrivée , notre curiosité nous a emmené à passer 1 nuit à la marina de Benalmadena qui est un complexe portuaire et résidentiel dont le port de plaisance a par deux fois, été élu meilleur port de plaisance au monde ! Rien qua ça !!! Sincèrement, nous cherchons encore ses qualités ! Pour avoir déjà fait quelques marinas, celle-ci ne rentre même pas dans notre top 10. Elle n’a rien d’exceptionnel et même beaucoup de défauts : pas de quais flottants, amarrage à des pendilles pourries, branchement à l’électricité non adapté, accueil moyen, vue sur des gros immeubles, plage complètement bétonnée, pas de piscine… Vite, vite, on s’en va !!!!

Changement de décor en arrivant au port de Malaga. Nous avons séjourné à la marina Real club Mediterranéo. Elle a tout juste 2 ans, elle est petite comme j’aime et très jolie par contre hors de prix !

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Sophie et Damien, nous ont rejoint comme prévu. Nous étions tellement contents de nous retrouver. Malgré la fatigue de leur longue navigation depuis les Açores, nous avons fêté dignement nos retrouvailles inattendues avec un barbecue de bonites pêchées par Damien.

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Nous avons profité de cette escale pour visiter le centre historique de Malaga et bien sur je n’ai pas raté l’occasion de faire une virée shopping avec Sophie.

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Enfin, nous avons repris la mer ensemble pour rejoindre Almerimar situé juste en dessous d’Almeria. Un coin bien pommé mais nous avons tout de même trouvé un bar pour regarder la finale de la coupe d’Europe de football en dégustant tapas et sangria.

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Après ces quelques jours passés ensemble, nous avons dû encore nous séparer. Pour nous, il était grand temps de penser à remonter la côte espagnole afin d’arriver sur Sète comme prévu vers le 15/07.

Les 4J de navigation d’Almeria jusqu’au nord de Barcelone furent difficiles à cause du vent et de la forte houle. D’ailleurs, nous avons dû nous arrêter à Port Balis à Sant Andreu de Llavaneres car la mauvaise météo nous empêchait de remonter plus au nord. Un avis de grand frais était émis jusqu’au Golfe du lion. Nous avons donc patienté 2J pour terminer par une belle navigation de 30h pour rejoindre notre destination finale, Sète.

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Et voilà, la boucle est bouclée… Nous sommes arrivés le 17/07 à Sète.

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Nos parents nous attendaient. Ils sont heureux de nous revoir après 1 an d’absence. Nous sommes également contents de les retrouver. Notre famille et nos amis nous ont beaucoup manqué durant cette année et pourtant si je m’écoutais, je repartirais dès demain. Nous avons vécu une année extraordinaire et c’est difficile d’admettre que notre aventure est terminée. Heureusement, il nous reste de merveilleux souvenirs de ce fabuleux voyage. Nous avons partagé tous les 4 de grands moments de bonheur, fait de belles découvertes et noué de belles amitiés. Finalement, les quelques moments de galère sont vite oubliés. Nous rentrons certainement un peu changés par cette aventure avec de nouvelles attentes pour notre vie future. Nous avons déjà de nouveaux projets plein la tête car c’est sur, nous repartirons !!!

Un grand merci à tous ceux qui nous ont suivi et soutenu durant cette année. Nous espérons vous revoir très vite !!!

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Le Portugal : L’algarve

Le 28/06/16

Après une semaine de navigation, nous sommes arrivés en fin de journée sur la côte sud du Portugal. N’ayant plus de moteur bâbord suite à une défaillance du démarreur, nous avons préféré jeter l’ancre dans la baie de Sao Vicente plutôt que de tenter d’accoster dans un port en pleine nuit.

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Dès le lendemain matin, nous avons repris la mer pour rejoindre Portimao.

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Nous avions choisi précisément ce port pour son accès facile car avec un seul moteur, un cata n’est pas manoeuvrant. En effet, nous avons pu mouiller sans difficulté à l’entrée du port face à la jolie plage de Ferragudo.

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Sans attendre, Laurent s’est penché sur ce démarreur. Par chance, nous en avions un de rechange sur le bateau. Si son diagnostic s’avérait juste, nous n’aurions donc pas besoin de l’intervention d’un mécanicien. En quelques coups de tournevis, le nouveau démarreur était en place. Un peu de suspens tout de même lorsque j’ai appuyé sur le bouton ON du moteur et cri de soulagement quand j’ai entendu son doux ronronnement. Waouh encore trop fort mon mari !!!

Trop contents d’avoir régler ce problème, le soir même, nous sommes allés fêter notre arrivée. Nous nous sommes rendus en annexe dans le joli village de pêcheurs de Ferragudo situé sur l’autre rive de l’estuaire de Portimao. Nous avons bien mangé, un peu flâné dans les rues en escalier pour finir par une bonne glace sur la place principale. A notre retour, nous avons eu la surprise de retrouver notre annexe, certes toujours bien amarrée au quai mais posée sur le sable. Plus d’eau, plus de mer !!!! Mince la marais !!!!! On s’est fait avoir comme des bleus. Cela fit beaucoup rire les enfants surtout quand Laurent a dû se débattre dans la vase pour pousser l’annexe au large.

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Enfin équipés de 2 moteurs, nous avons rejoint Lagos. Nous souhaitions poser le bateau en sécurité en marina afin de faire un peu de tourisme.

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Nous avons loué une voiture pendant 3J pour visiter la région de l’Algarve.

Nous avons commencé notre périple par la côte vicentine au SO en nous rendant à Sagrés, un site pittoresque avec une succession de baies profondes et de promontoires. La forteresse offre une vue spectaculaire sur le large et le cap Sao Vicente.

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Nous avons ensuite profité de la jolie situation de Burgau, un petit village typique aux maisons blanches, pour nous restaurer et buller sur la Praia de cabanas velhas.

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Le deuxième jour, nous sommes rentrés un peu dans les terres pour visiter Loulé, une petite ville paisible qui se singularise par la vie locale avec un beau et surprenant marché couvert (un peu les halles de chez nous !). Nous sommes ensuite revenus sur la côte pour manger du poisson grillé à Carvoeiro, un village de pêcheurs qui fait face à une petite crique coincée entre 2 falaises. Enfin, sur la route du retour, nous avons fait une halte à la Praia Caneiros à Ferragudo. C’est une très jolie crique mais très touristique !

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Enfin, le dernier jour, nous avons visité Monchique, un gros bourg de montagne qui possède de mignonnes ruelles pavées en escalier. Nous avons dégusté dans un restaurant typique, la spécialité régionale, le porc noir. Une merveille !!

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Le ventre bien rempli, nous avons rejoint la côte ouest en passant par Aljezur pour découvrir la belle plage d’Arrifana, une bande de sable qui s’incurve au pied de falaises de roches. Ce site magnifique est très prisé des surfeurs bien que propice également à la baignade. Spectacle garanti !

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Bien sur, nous avons aussi visité Lagos qui est une ville très cosmopolite, envahie par les anglais, allemands et scandinaves mais qui a su préserver une partie de sa personnalité. J’ai beaucoup aimé me promener dans les ruelles de la vieille ville qui est propice au shopping. J’y ai aussi découvert la Cataplana, la spécialité culinaire du sud du Portugal. Ce plat emprunte son nom à une sorte de tajine typique en cuivre composé d’un plat incurvé et d’un couvercle symétrique. Il permet de cuire lentement à l’étouffé avec des épices, donnant un goût divin aux fruits de mer, morceaux de poissons et viande. Moi qui adore cuisiner, je n’ai pas pu résister à l’achat de cet ustensile !!! J’ai hâte de l’essayer.

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Lagos possède également de magnifiques petites criques rocheuses coincées entre des falaises et qui forment des grottes.

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Nous quittons Lagos pour nous rapprocher de la frontière espagnole où nous attendrons un bonne fenêtre météo pour passer Gibraltar. Nous avons passé un excellent séjour et avons découvert que l’Algarve est loin de se résumer au triomphe du béton et des usines à vacances. En effet, cette région regorge de belles plages et de villages qui sont restés authentiques.

Bien entendu, nous ne pouvions pas passer un séjour sans pépin. Alors que nous pensions le bateau en sécurité en marina, un simple faux contact à griller le moteur du guindeau (winch de l’ancre). Nous n’étions pas à bord et heureusement pour nous, notre voisin de ponton a repéré très vite la fumée noire qui sortait de l’avant du bateau et a eu le bon reflexe de nous débrancher du quai. Grace à son intervention, seul le moteur a fondu et rien d’autre n’a brulé.

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Cet incident ne nous empêche pas de prendre la mer mais par sécurité et pour faciliter nos prochains mouillages, nous essayerons de trouver une solution lors de notre prochaine escale en Espagne.

Traversée Açores/Portugal

Le 20/06/16

Nous quittons les Açores pour rejoindre Lagos au sud du Portugal. Nous devons parcourir environ 850 miles soit 1 semaine de navigation. Les conditions météo annoncées pour cette semaine sont favorables, le vent sera modéré (15/20 nœuds). Refroidis de notre dernière navigation, ces conditions nous conviennent parfaitement et tant pis si nous devons mettre un peu les moteurs !!!

Jour 1 et 2 (14-15/06/16) :

Départ avec le soleil. Quel bonheur de le revoir après presque 10J passés sous la grisaille. La mer est calme donc conditions idéales pour apprécier la vue des différentes îles (Pico, Sao Jorge et Terceira) devant lesquelles nous passons pour quitter l’archipel des Açores. Une belle première partie sous Génois et Gennaker. Pendant la nuit, le vent se lève et la houle se forme. Rien de terrible comparé à ce que nous avions vécu lors de notre dernière navigation. Nous ne sommes ni stressés, ni angoissés. Et puis savoir que cette traversée ne va durer qu’une semaine, psychologiquement, ça change tout !!

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Jour 3 et 4 (16-17/06/16) :

Le soleil vient de nous quitter par contre la houle nous pourchasse !! Elle n’est pas spectaculaire mais elle est très désordonnée. Le bateau remue beaucoup. Nous sommes confinés sur le canapé dans le carré, pas moyen de mettre le nez dehors. Seul avantage, nous avons un bon vent qui nous permet de bien avancer. Les températures remontent et l’air est beaucoup moins humide. Enfin nous quittons les chaussettes !!! Nous sommes à mi-chemin. J’ai hâte d’arriver car l’inactivité commence à me peser et je suis très très malheureuse … sans soleil.

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Jour 5 et 6 (18-19/06/16) :

Enfin le soleil est de retour. Je me dépêche d’enfiler mon maillot de bain ! Nous en profitons quelques heures avant que le vent et la houle qui s’intensifient nous forcent à nous replier à l’intérieur du bateau. Les conditions se compliquent vraiment à la fin de mon quart de nuit (vers 3h du matin). Le vent monte jusqu’à 35/40 nœuds et la houle de travers devient menaçante. Les vagues de 3M sont tellement rapprochées que le bateau peine à retrouver son équilibre. Dans ces conditions, le pilote automatique ne tient pas et nous lâche sans arrêt. Vigilance maximum et les quarts se passent au poste de barre. Par sécurité, nous prenons 3 ris dans la GV, 4 dans le génois et nous abattons un peu. Même si nous perdons en vitesse, nous gagnons un peu en confort. Si ça ne tenait qu’à moi, je nous mettrai à la cape et tant pis si on met 1J de plus. Mais je ne suis que second et le capitaine, malgré les conditions, paraît sûr de lui. Bien entendu, j’ai totale confiance !!

Nous sommes tout de même bien surpris par cette météo. Ni le routeur, ni le logiciel Weather 4D ne nous l’annonçaient ! D’où sortent ce vent et ces vagues alors qu’il y a un grand ciel bleu ??? On dirait les coups de Mistral de la Méditerranée. Pourquoi avec les techniques de pointe dont on dispose aujourd’hui, ces phénomènes ne peuvent-ils pas se prévoir ??? Ça me dépasse …

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Jour 7 (20/06/16) :

La nuit est difficile. Pas un moment de répit à cause du pilote automatique qui perd sans cesse son cap. Les vagues déferlent sur l’avant bâbord et rincent le bateau jusqu’à recouvrir le bimini. Difficile de dormir dans ces conditions. Heureusement, c’est notre dernier jour de navigation car nous sommes fatigués et usés par cette houle de misère !!! Nous qui pensions que cette traversée serait une promenade de santé, nous nous sommes encore bien faits avoir par l’imprévisibilité de la mer et ses caprices !! En se rapprochant de la terre, la houle et le vent faiblissent. Laurent met les moteurs. Panique à bord, le moteur bâbord ne démarre pas. Il descend vite dans la cale pour une inspection. Apparemment, c’est le démarreur qui pose problème . Impossible de le réparer dans l’immédiat. Et voilà, encore une arrivée ratée !!! Le moteur tribord fonctionne et nous croisons les doigts pour que l’hélice réparée tienne la coup. Nous pensions faire une première escale à Lagos mais la nuit tombe et avec un seul moteur, l’accostage est trop dangereux. Nous décidons donc de nous arrêter pour la nuit au premier mouillage venu à la pointe SW du Portugal entre Sagres et Cabo de Sao Vicente. 2 voiliers sont présents, ce qui me rassure un peu dans ce paysage de bout de monde avec ces hautes falaises déchiquetées. Demain, nous rejoindrons Portimao où la large baie d’avant port laisse une aire de manœuvre suffisante pour mouiller l’ancre (et oui, avec un seul moteur, un cata n’est pas manoeuvrant). Pas de tourisme au programme car nous devrons trouver en urgence un mécano si Laurent n’arrive pas à réparer le moteur!

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Les Açores

Le 13/06/16

Après 13J et 9h de navigation depuis les Bermudes, nous avons fait escale à Horta sur l’île de Faial aux Açores.

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Manu et Nico, arrivés la veille, nous attendaient à quai pour nous aider à accoster car nous avions perdu en manoeuvrant dans le port l’hélice du moteur bâbord (pas de bol quand même !!!). Les retrouvailles furent émouvantes car lors de notre séparation à Antigua, nous n’étions vraiment pas certains de nous retrouver en même temps aux Açores sur le chemin du retour. Pour finir, notre timing était parfait. Dès le lendemain de notre arrivée, nous avons eu, également, la bonne surprise de voir débarquer Elisabeth et Gaël sur Tsaëlou. Par manque de place à le marina, nos deux catamarans se sont retrouvés à coupe.

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Damien et Sophie, sont arrivés, à leur tour, 2J plus tard.

Horta est une escale incontournable de la traversée retour. Les plaisanciers s’y retrouvent donc tous en cette période. L’ambiance à quai est décontractée et très festive mais surtout le mot d’ordre est l’entraide car beaucoup de bateaux arrivent plus ou moins abimés de cette traversée (GV et génois déchirés, moteurs et pilotes HS …ou plus d’hélice) !

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C’est donc naturellement que Gaël et Damien ont aidé Laurent à retrouver et réparer notre hélice. Par déduction, nous supposions qu’elle se trouvait dans le chenal du port. C’est donc là que Laurent, en bouteille, et Gaël, en apnée, ont plongé. L’eau était glacée mais par chance, très vite, Gaël la repéré.

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Après le  soulagement de l’avoir retrouvé, il fallait penser, bien sur, à la refixer. C’est là que Laurent a eu un gros moment de découragement quand il a appris qu’il était impossible à Horta de mettre Vaga hors d’eau (le cata est trop large). Ayant déjà démonté et remonté l’hélice à terre sur le chantier de Sète lors de la révision du bateau avant notre départ, il se rappelait bien de la difficulté et de la complexité de la chose. Il craignait donc de ne pouvoir y arriver sous l’eau ! Reboosté par Damien et après avoir passé plusieurs heures ensemble sur le quai à étudier les différentes étapes du montage, ils ont plongé en bouteille et ont réussi malgré le froid qui les assaillait à remonter l’hélice pièce par pièce, boulon par boulon, vis par vis !!! Waouh quel courage et quelle patience !!!! Bravo les gars !!!

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Plus facile ensuite, ils se sont attaqués à la girouette et à l’anémomètre. Ils ont réussi à rétablir l’indication du sens du vent mais pas la force du vent! Tant pis, on fera sans !

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Quand à moi, j’ai passé beaucoup de temps à la laverie de la marina et au supermarché pour faire un bon avitaillement. Après tous ces jours de navigation, nos vêtements avaient moisi à cause de l’humidité et le frigo était bien vide !

Nous n’avons pas beaucoup vu Thomas et Janelle qui allaient de bateau en bateau pour jouer avec leurs copains.

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Aidés d’Elisabeth, ils ont fait une jolie peinture sur le quai à l’image de Vaga, Sylvestre, Crusing bird et Tsaëlou. C’est un peu la coutume ici de laisser une trace de son passage.

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Petit clin d’oeil à Caro et Benoit, les propriétaires de Vaga !

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Tous ensemble, nous avons beaucoup festoyé et passé de bonnes soirées « chez Peter » le bar où se retrouvent tous les plaisanciers et où la bière coule à flot.

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Pendant ce temps, les enfants nous attendaient sur un bateau et se gardaient entre eux !

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Nous avons également improvisé un barbecue sur le quai pour déguster de belles côtes de bœuf. La viande est vraiment très bonne aux Açores et pas du tout chère (5€/kg).

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Le seul bémol du séjour fut le mauvais temps car l’anticyclone des Açores n’était pas encore installé. Résultat, il a plu pratiquement tous les jours et quand il ne pleuvait pas, c’était le brouillard qui s’installait. Tout était mouillé à l’extérieur du bateau et très humide à l’intérieur. Rien ne séchait !

Nous avons profité tout de même d’une journée ensoleillée lors de notre visite de l’île. Nous avions loué une voiture pour nous rendre à la Caldeira pour faire une randonnée de 8km autour du volcan. Nous avons commencé notre ascension dans le froid, le brouillard et le crachin mais nous avons terminé la promenade sous un beau soleil. Parfait pour se réchauffer et admirer la vue.

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Nous avons également emmené les enfants voir les baleines. Nous avons vu la baleine bleue, la plus grande des baleines qui normalement ne se voit qu’au mois d’avril. Mis à part le mauvais temps, le spectacle était sympa.

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Et bien voilà, notre semaine aux Açores se termine. Nous avons bien profité les uns des autres et nous avons encore passé d’excellents moments tous ensemble. Les bateaux quittent le port les uns après les autres. C’est dur ! C’est le moment des aux-revoir car nos routes se séparent ici mais pas des adieux car c’est certain nous nous retrouverons à terre en France. Nous avons déjà plein de projets de WE. J ‘ai un peu la boule au ventre mais je pars avec de merveilleux souvenirs plein la tête.

La traversée de l’Atlantique retour (Bermudes/Açores)

Le 04/06/16

Jour 1 et 2 (23-24/05/16) :

A 10h pile nous quittons la baie de Saint-Georges. Il pleut des trombes d’eau. Moyen comme départ. En plus, je suis malade. Depuis hier, j’ai mal à la gorge. J’ai une angine. Ce matin dès 8h du matin, j’étais chez le médecin car je n’ai plus d’antibiotiques. Je ne me sens pas trop mal pour le moment. Avec les anti-inflammatoires, le douleur est supportable.

La pluie ne s’arrête plus et la mer est bien agitée. D’après les prévisions météorologiques, nous savons que cela va durer au moins 2J alors nous patientons mais la houle croisée nous secoue fort! Tout se casse la figure à l’intérieur du bateau.

J’ai mal partout et j’ai de la température. Je prends sur moi pour préparer à manger mais j’ai la nausée! Je vais me coucher et je laisse Laurent faire la nuit tout seul. Je suis incapable de veiller.

Au petit matin, je me réveille la tête dans le sac. Mon état ne s’est pas amélioré. Je ne vais pas encore être d’une très grande utilité aujourd’hui. Effectivement, je navigue entre ma cabine et le carré. J’attends que ça passe…

Pour compliquer un peu les choses, la girouette et l’anémomètre en tête de mat n’envoient plus d’indications à l’afficheur. Nous n’avons donc plus la force et le sens du vent! Nous relativisons : pour le sens du vent nous avons le drapeau à l’arrière du bateau, pour la force du vent nous nous fions a l’état de la mer et à la vitesse du bateau.

Vu mon  état, Laurent me laisse encore me reposer cette nuit. J’espère vraiment pouvoir assurer demain.

Jour 3 et 4 (25 et 26/05/16) :

Enfin, les antibiotiques font leurs effets ! Je me sens mieux. J’ai juste l’impression qu’on m’a roué de coups. J’ai faim en me levant, c’est bon signe. Après une nuit encore très agitée, le soleil, ce matin, pointe le bout de son nez. La houle qui était de travers passe progressivement dans la journée au 3/4 AR. Nous revivons à bord !

Nous venons d’avoir des nouvelles de Damien et Sophie sur Sylvestre par l’iridium. Partis en même temps que nous, ils ont pris du retard et sont à environ 80 miles derrière nous. Apparemment, Sophie a été malade également ces 2 derniers jours, le mal de mer !

Je me repose encore un peu en prévision de mon quart de cette nuit car je reprends du service ! Je cuisine aussi la viande fraiche que nous avions achetée avant de partir afin de prolonger sa conservation. Ça va, je gère, je n’ai pas la nausée.

La vent finit par caler complètement. La GV ne sert plus à rien. Laurent met le moteur histoire de garder une vitesse moyenne de 5 nœuds.

Mauvaise surprise en fin de journée, en faisant une inspection de routine, Laurent s’aperçoit que deux foils (profils en alu qui guident et orientent la GV) se sont désolidarisés. Pas le choix, il monte au mat pour réparer. La houle ne facilite pas son intervention et le projette dans les haubans (tibia bien amoché!). Enfin, au bout de 2H pendu au bout d’une corde, il arrive à ses fins.

La nuit est calme, toujours pas de vent. Au petit matin, une légère brise permet de hisser la GV. Cela ne dure pas, on revient vite au moteur.

Nous avons de mauvaises nouvelles de Damien et Sophie. Leur pilote automatique les a lâché ! Mon pire cauchemar ! Ils vont devoir barrer nuit et jour ! Je suis désolée pour eux car nous ne sommes que le quatrième jour !

Le soleil est encore au rendez-vous aujourd’hui. Nous profitons de ce beau temps. Je fais bronzette et ça fait du bien ! En fin de journée, nous croisons un voilier suisse. Nous rentrons en contact par VHF. Ils font route comme nous aux Açores. C’est agréable de voir qu’on n’est pas tout seul !

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Jour 5 et 6 ( 27-28/05/16) :

Mon quart se déroule bien. Je n’ai pas grand chose à faire car nous n’avons que le génois. Je dois juste vérifier toutes les 20 minutes que nous tenons le bon cap (des courants peuvent nous faire dévier) et la présence d’éventuels bateaux. C’est le calme plat. Pendant son quart, Laurent met le moteur car nous nous trainons. Dans la matinée, toujours lors d’une inspection de routine, il s’aperçoit qu’une batterie est tiède. Pas normal, elles sont neuves ! Il descend dans la cale du moteur vérifier l’alternateur. Tout est ok. Il poursuit par la vérification des régulateurs des panneaux solaires. C’est bien le régulateur des panneaux bâbords qui envoie une trop forte tension. Il couvre les panneaux pour supprimer le chargement car il fait grand soleil !

La journée est belle. Il y a comme un air de vacances!!! Sur demande des enfants, je prépare un pique-nique pour midi puis nous faisons un concours de dessin. C’est amusant. Chacun son style !

 

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La nuit se déroule paisiblement. La GV est rentrée et le génois nous permet d’avancer un peu (3nds). Il est trop tôt pour faire fonctionner le moteur en continu. Nous devons économiser le gasoil car nous ne savons pas encore ce que nous réserve la météo de la semaine prochaine.

Nous faisons cap un peu plus au sud pour s’éloigner d’une dépression qui est annoncée dans deux jours. En la contournant, nous espérons, tout de même, profiter du vent qu’elle va générer. Je suis un peu anxieuse car le vent entraine toujours de la houle et nous nous attendons à une houle d’au moins 4 M. En attendant, la journée est calme et ensoleillée. Nous profitons un maximum de cette plénitude.

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Des dauphins sont venus nous saluer dans l’après-midi. Peu joueurs ou effrayés, ils sont très vite repartis. Nous apercevons aussi le souffle d’une baleine. Dommage, elle est bien trop loin pour que l’on profite du spectacle. Cela fait 2J que j’ai repris l’école avec les enfants. Nous devrions boucler le programme en arrivant aux Açores.  Ils ne sont pas mécontents d’avoir 3 mois de vacances et moi je suis ravie, également, que cela se termine. Même si leur scolarité avec les cours du CNED s’est parfaitement déroulée, cela reste une contrainte de tous les jours.

Après le concours de dessin, nous faisons aujourd’hui atelier de bracelet « strand bands ». Merci Mylène pour le kit offert à Janelle lors de ta venue en Guadeloupe car cela nous a bien occupé et franchement le rendu est plutôt sympa!

Jour 7 et 8 (29-30/05/16) :

Toujours pas de vent pour cette nuit. Laurent met le moteur. Il prend le premier quart. Il me réveille en urgence à 2h du matin. La cale du moteur est inondée (30cm). Gros stress !!! Pendant 3h nous pompons l’eau.

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Je termine la nuit, il est épuisé et contrarié … Le matin, à peine le temps de prendre le petit-déjeuner qu’il est déjà dans la cale pour essayer de comprendre ce qu’il s’est passé. Après quelques heures et quelques démontages, il trouve la panne. Le joint de la soupape de vide sur le circuit de refroidissement est défectueux. Il le remplace et tout rentre dans l’ordre. Plus de peur que de mal !!

Le reste de la journée se déroule paisiblement avec le beau temps. Progressivement le vent se lève. Nous l’attendions avec la dépression qui se rapproche. Laurent prend le premier quart et attend que le vent se stabilise pour me réveiller. En fait, il me laisse dormir et reste debout toute la nuit car les conditions sont trop mauvaises. En plus du vent, nous devons faire face à une grosse houle de travers avec des vagues de 3,50 M. On se croirait sur un taureau-machine. Rebelotte, tout se casse la figure dans le bateau. Terminée la tranquillité ! Dans ces moments là, j’ai vraiment hâte d’arriver. Il faudra pourtant que je patiente car nous ne sommes qu’à mi-chemin !

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Jour 9 et 10 ( 31/05/16 et 01/06/16) :

Le vent est toujours là et la houle encore plus grosse. Les vagues atteignent 5 M. Nous ne sommes plus sur un taureau-machine mais sur les montagnes russes ! Nous évitons de nous déplacer dans le bateau et restons principalement autour de la table du carré.

J’occupe les enfants avec un puzzle et nous regardons des vidéos. Je trouve le temps long … Trop compliqué de cuisiner, je commence à taper dans notre stock de boites de conserve. Ce soir, c’est cassoulet !

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Nous venons d’avoir des nouvelles d’Emmanuelle et Nico sur Crusing Bird. Partis directement des Bahamas, sans faire d’escale aux Bermudes, nous nous retrouvons au milieu de l’océan à seulement quelques miles ! C’est dingue ! Ils sont un peu plus au nord et subissent les mêmes conditions que nous. Nous allons arriver pratiquement en même temps aux Açores. Encore une belle fête en perspective pour arroser notre traversée et nos retrouvailles. Pour Damien et Sophie, tout s’arrange car Damien a réussi à réparer le pilote automatique. Ils sont contents, soulagés et rassurés et nous aussi ! Par contre, ils ont pris pas mal de retard et arriveront bien après nous aux Açores.

Le vent nous accompagne toujours. Nous progressons vite et la houle se calme un peu. Tant mieux !

Jour 11 et 12 (02-03/06/16) :

A mon réveil, il fait beau et la houle est supportable. J’en profite pour faire un petit ménage et ranger le bateau. Waouh quelle activité !!! Avec ce beau soleil, j’ai bon espoir de mettre un peu le nez dehors. Le calme est de courte durée car le temps change subitement. De gros nuages apparaissent et les vagues se forment. Elles déferlent sur le bateau. C’est effrayant ! Je m’isole dans ma cabine pour ne plus les voir… Mon dieu que j’ai hâte d’arriver ! Nous savions d’avance que cette traversée retour serait sport mais nous pensions naïvement profiter de bonnes conditions et avoir plus de chance que les autres !

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Les enfants sont adorables et beaucoup plus patients que moi. Ils passent beaucoup de temps sur leurs écrans (IPAD, DS, lecteur DVD). Ce n’est pas bien mais au moins ils s’occupent et ne s’ennuient pas trop. Impossible de faire école dans ces conditions, ce qui les arrange bien !

Les températures chutent à cause du vent du nord. Nous ressortons les chaussettes ! Ça faisait longtemps !

Des dauphins nous suivent toute la matinée. Nous sommes contents de les voir.

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Jour 13 (04/06/16):

Conditions extrêmes ! Gros stress ! Nous ne dormons pas de la nuit. Nous sommes au coeur d’une dépression. Il y a beaucoup de vent, plus de 35 nœuds (>45nds en rafale) et des vagues de 8 M qui montent à la verticale et menacent de nous engloutir. Je suis terrifiée mais Je relativise et ne cède pas à la panique en me disant que Vaga est un bon bateau et que rien ne va nous arriver… Nous portons tous nos gilets de sauvetage et par sécurité Laurent a préparé le kit de signalisation, la balise de détresse et le bidon de survie. Nous sommes prêts au cas ou !

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Les enfants ne se rendent pas compte du danger et prennent plutôt ça pour un jeu ! Il fait froid même à l’intérieur du bateau. En plus des chaussettes, nous portons aujourd’hui les polaires. En fin d’après-midi, les conditions s’améliorent. Nous sommes épuisés ! Les quarts de ce soir vont être difficiles. Heureusement, il s’agit des derniers car nous arrivons demain. YES!!!!

Jour 14 (05/06/16) :

Terre en vue !!

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Nous sommes tellement contents d’arriver. Encore quelques miles et nous pourrons souffler. A 3 milles des côtes, Laurent met les moteurs pour vérifier leur bon fonctionnement et appelle la Marina. Il n’y a pas de place mais on nous propose gentiment de nous mettre au quai d’accueil pour la nuit. Nous entrons dans le port, c’est un plan d’eau, Nous faisons des ronds dans l’eau pendant 15 minutes en attendant qu’un bateau parte du quai et… au moment d’y aller le moteur tribord ne répond plus, ni en marche avant ni en marche arrière! Laurent quitte le ciré, se met en maillot de bain et se jette à l’eau (glacée) pour vérifier que rien ne bloque l’hélice et là stupeur, plus d’hélice!!! Donc plus manoeuvrant!!! Nous appelons nos copains de crusing bird, Nico et Manu (arrivés hier soir) pour nous aider à accoster. Avec une seul moteur, c’est plutôt galère. C’est fait mais jusqu’au bout nos nerfs auront été sollicités. Ce fut une sacrée traversée longue, mouvementée et riche en émotions (les emmerdes volent en escadrilles comme disait Chirac!!!) . Nous avons parcouru 1868 miles en 13J et 9H. Il est l’heure pour nous, maintenant, de retrouver nos copains bateau, de dormir, de faire la fête et de découvrir les Açores sans oublier de trouver une solution pour cette hélice (qui doit être par déduction au fond du port! Plongée bouteille en perspective!).

Les Bermudes

Le 23 /05/16

Nous sommes arrivés aux Bermudes tôt le matin. Dès 7h30, nous faisions notre entrée dans la baie de Saint-Georges. Les autorités qui nous avaient contactées 2H auparavant par VHF, nous priaient gentiment de nous présenter dès notre arrivée au quai d’accueil afin d’accomplir les formalités d’entrée sur le territoire. En 15 minutes Laurent avait plié la chose ! Nous étions impressionnés par leur efficacité.

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Nous nous sommes ensuite mis au mouillage en face de la ville de Saint-Georges.

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Sans attendre, Laurent a contacté un électricien. Nous voulions régler au plus vite notre problème de batteries défaillantes. Nous avons obtenu un rendez-vous dans l’après-midi et pour faciliter son intervention, nous nous sommes amarrés sur le grand quai juste devant la belle goélette l’« Etoile » de la marine nationale française en représentation aux Bermudes.

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L’électricien n’est arrivé quand début de soirée pour faire un simple état des lieux. Nous avons ainsi eu largement le temps dans l’après-midi de faire la connaissance de certains membres de l’équipage de l’« Etoile » qui lorsqu’ils passaient devant notre bateau nous saluaient.

L’électricien, ne revenant que le lendemain pour faire les réparations nécessaires, nous sommes donc restés à quai un jour de plus. Il a diagnostiqué une défaillance de l’alternateur du moteur bâbord qui entrainait alors la surchauffe des batteries. D’ailleurs différents tests ont révélé que ces dernières étaient soit HS soit en fin de vie. Nous étions donc obligés de changer complètement le parc batteries. Laurent a dû se rendre sur Hamilton, la capitale, pour en acheter 6 nouvelles.

Sophie et Damien arrivés aux Bermudes quelques heures après-nous, nous attendaient au mouillage. Comme nous étions bloqués à quai, ils sont venus nous rendre visite. Nous étions assez pressés de nous revoir après une semaine de séparation.

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Installés tranquillement en train de boire l’apéro et de faire un débriefing de cette traversée, nous avons eu la belle surprise de voir arriver le commandant de l’« Etoile » venu nous inviter au cocktail donné sur le bateau le soir suivant. Waouh ! Tout le gratin bermudien était présent, tenues de soirée imposées. Les garçons ont dû ressortir du placard une chemise et nous les filles, notre plus belle robe ! Nous avons passé une merveilleuse soirée en compagnie des membres de l’équipage, ravis d’avoir des frenchies à bord.

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Ils étaient tous apprêtés de leurs beaux uniformes blancs. C’était la grande classe ! Pour finir la soirée, Grégoire, le Commandant, nous a conviés à boire le champagne dans son carré.

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Il fut enchanté de venir, le soir suivant, sur vaga partager avec nous un repas. Nous avions convié également Nicolas, un expatrié fraichement débarqué aux Bermudes, que nous avions rentré au cocktail.

IMG_3480Le courant est tellement bien passé que nous avons été les seuls civils à bord de l’« Etoile » pour leur pot de départ. Nous étions un peu triste de voir la goélette quittait la baie de Saint-Georges car ce fut une belle rencontre. Leur prochaine escale sera à New-York, puis Saint Pierre et Miquelon et enfin retour sur Brest mi-juillet.

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Les jours suivants, afin au mouillage, nous avons retrouvé avec plaisir notre petite routine avec Sophie et Damien. Nous avons visité les différentes îles reliées par des ponts en scooter car l’utilisation de la voiture est réservée aux seuls résidents. Ce fut une magnifique balade. Nous étions loin d’imaginer que l’île était si belle : de superbes plages, une végétation surprenante avec un mélange de plantes tropicales et méditerranéennes et de luxueuses maisons colorées. Rien à dire la grande classe !

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Nous avons profité également du beau cadre de Saint-Georges où se trouvent de magnifiques plages désertées des touristes.

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Il est temps de quitter les Bermudes. la fenêtre météo est bonne. Nous allons traverser à nouveau l’Atlantique pour rejoindre les Açores. Je ne suis pas trop angoissée par cette longue navigation (15J en moyenne) mais un peu déprimée de penser que dans 15J je serai de l’autre côté en Europe!

Traversée BVI/Bermudes

Le 12/05/16

Nous sommes partis de nuit de Tortola car nous avions passé tout l’après-midi à chercher du gaz. Nous voulions du butane, les anglais n’utilisent que le propane ! Heureusement, nous avons fini par trouver la seule personne sur l’île qui en propose. A 17h, nos bouteilles étaient remplies. Il ne restait plus qu’à remonter l’annexe, décrocher le moteur, dégonfler et ranger le paddle. Nous avons pris aussi le temps de manger avant le top départ pour les Bermudes.

Nous partons pour 1 semaine de navigation soit environ 850 miles à parcourir. Pour cette traversée retour, par sécurité, nous avons pris un routeur. Nous serons donc informés de la météo par iridium (téléphone satellite) tous les jours. Ce qui nous permettra d’ajuster notre cap en fonction des prévisions.

Jour 1 (06/05/16) :

Vent : 18/23 nœuds

Houle : Travers

Vitesse moyenne : 7 nœuds

Miles parcourus : 163

Temps : Ensoleillé

La houle est haute et très irrégulière. Elle rend la vie à bord très désagréable. Aucune activité n’est possible. Même un simple jeu de société, nous rendrait malade. Les enfants s’ennuient mais ils sont sympas et ne râlent pas trop. Je lis et je dors. Laurent se concentre sur la navigation. Il est satisfait de notre progression. Nous avançons vite !

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Jour 2 (07/05/16) :

Vent : 21/26 nœuds

Houle : AR

Vitesse moyenne : 7,4 nœuds

Miles parcourus : 172

Temps : nuageux

La houle AR rend la vie à bord légèrement plus agréable. J’ai pu un peu cuisiner sans me rendre malade bien que je me sois brulée 2 fois les cuisses sur la vitre du four. La houle reste trop forte pour me permettre de faire école aux enfants. Vacances forcées ! Dommage, ça les occuperait. Le ciel est couvert, la mer parait plus menaçante. C’est déprimant ! Je n’ai rien envie de faire à part dormir et c’est ce que je fais ! Pourtant, nous avons établi un tour de quart la nuit qui est plutôt à mon avantage. Le capitaine me préserve ! C’est moi qui commence de 21H à 2H. Laurent termine. Nous avons fait une belle progression encore aujourd’hui. Demain, nous serons à plus de la moitié du parcours. Je serai peut-être plus motivée.

Jour 3 (08/05/16) :

Vent : 20/22 (matin) 12/14 (AM)

Houle : AR

Vitesse moyenne : 6 nœuds

Miles parcourus : 155

Temps : nuageux

La nuit fut difficile. Orages, éclairs et mer très agitée. Je n’étais pas trop rassurée. Le vent était fort avec de belles pointes à 32 nœuds. Sur le matin, il monte même jusqu’à 47 nœuds. Par sécurité, Laurent abat le génois et la GV. Heureusement, cela ne dure que le temps de l’orage. En journée, la houle est moins forte. Nous pouvons à nouveau nous déplacer dans le bateau sans trop se cogner. Dans l’après-midi, nous arrivons enfin à rentrer en contact par VHF avec Damien et Sophie. Partis plus tôt que nous de Tortola, ils avaient un peu d’avance mais comme nous allons un peu plus vite nous les rattrapons. Damien nous donne les coordonnées de leur position, nous nous déportons légèrement de notre cap juste pour le plaisir de nous apercevoir. Nous nous suivons jusqu’au soir puis nous nous perdons de vue car nous finissons par les distancer. Je suis moins vaseuse aujourd’hui. Je prépare des crêpes pour le gouter. Ce n’est pas grand-chose mais rien de tel pour regonfler le moral de l’équipage !

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Jour 4 (09/05/16) :

Vent : 14 nœuds

Houle : AR

Vitesse moyenne : 6 nœuds

Miles parcourus : 129

Temps : ensoleillé

Le vent chute. Nous nous y attendions. Laurent met un moteur et le gennaker. Il fait très beau. Nous pouvons à nouveau manger dehors. J’ai fait un gâteau au citron qui n’a pas le goût du citron. Pas grave, nous rajoutons du Nutella. Nous changeons de rythme le soir. Laurent commence le premier quart et je termine. Cela ne m’enchante pas des masses mais j’arrête de faire ma princesse, il faut qu’il se repose aussi.

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Jour 5 (10/05/16) :

Vent : 9 nœuds

Houle : AR

Vitesse moyenne : 4,7 nœuds

Miles parcourus : 90

Temps : ensoleillé

La nuit s’annonçait paisible. Faute de vent, nous avions rangé la GV et le génois. Nous étions seulement au moteur. Pourtant, le quart de Laurent débute mal. Il s’aperçoit qu’une batterie du parc à batteries chauffe. Mince ! Pas bon ! Il coupe les moteurs qui chargent les batteries afin d’éviter de cramer les autres. Il remet donc le génois histoire de ne pas faire du sur-place. Toute la nuit, nous veillons les autres batteries. Tôt ce matin, il sort la batterie refroidie de son caisson. Elle est morte. Notre parc de batteries est composé de 7 batteries au total mais 5 batteries suffisent à alimenter le matériel électrique de bord. Nous en avions déjà perdu une en Guadeloupe (surchauffe également), plus celle de cette nuit, il nous en reste donc 5 qui fonctionnent. Ouf ! Nous nous posons tout de même des questions : les batteries sont-elles usées ou bien est-ce un problème électronique qui causerait cette surchauffe ? Dès notre arrivée aux Bermudes, nous devrons trouver un électricien car nous ne voulons prendre aucun risque pour notre prochaine traversée des Bermudes aux Açores qui durera 15J. Sans batterie, plus d’électricité et donc plus de pilote automatique, plus d’instruments de navigation. C’est carrément impensable !

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Jour 6 (11/05/16) :

Vent : 7,5 nœuds

Houle : AR

Vitesse moyenne : 4,5 nœuds

Miles parcourus : 134

Temps : nuageux

C’est notre dernier jour de navigation. Les batteries tiennent le coup. Nous sommes toujours au moteur. Nous essayons, tout de même, de hisser le gennaker. Nous profitons temporairement d’un regain de vent. Une dépression nous passe juste au-dessus. Puis retour au calme plat. La mer est lisse comme de l’huile. Laurent et les enfants en profitent pour se baigner. C’est bizarre, c’est la deuxième fois que le pilote automatique dérape. Un peu comme s’il était perdu ! Est-ce l’effet du triangle des Bermudes ?? Nous réduisons notre vitesse pour ne pas arriver de nuit. Elle sera donc tranquille. Je fais encore le dernier quart. Pour finir, cela ne me déplait pas car j’adore voir le jour se lever sur l’océan. C’est un beau spectacle.

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Arrivée (12/05/16) :

Nous sommes arrivés sur l’île de Saint-Georges au petit matin. Nous sommes contents de revoir la terre d’autant plus que l’île parait ravissante! Sophie et Damien devraient arriver dans la journée. Nous les attendons avec impatience !

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